Elle se sent bizarre depuis quelques semaines. Elle cherche, elle se cherche… Mais elle ne sait pas quoi, ni où…

Les jours passent. Tout s’entremêle en elle. Toutefois, elle a une envie irrésistible d’aller dans un lieu qu’elle ne connaît pas. Il l’appelle. C’est comme gravé en elle.

Ce sentiment de savoir et en même temps l’inconnu qui la paralyse. Que doit-elle faire ? Écouter son cœur qui lui crie d’y aller ou son mental qui lui hurle le contraire !

 

Oh, je ne vous l’ai pas présentée, désolée. Elle s’appelle Néala et elle a trente ans.

Voulez-vous savoir à quoi elle ressemble ?

Ces cheveux châtain foncé atteignent ses épaules. Ils sont aussi raides que des baguettes. Elle est grande et svelte sans maigreur. Beaucoup la croit fragile. Or, ce n’est qu’apparence, la force elle la trouve au fond d’elle. Tout est là caché dans son intérieur.

Elle sent qu’elle doit s’écouter, mais elle a peur, peur de se tromper, peur d’avoir mal interprété et surtout, peur de se perdre.

Elle décide enfin de trouver un groupe qui accepterait de venir avec elle. Tu te demandes, cher(e) lecteur, pourquoi elle n’y va pas seule ? La peur, pardi ! La peur qui t’empêche d’avancer, la peur qui te pétrifie sur place. S’aventurer seule, oh non, c’est trop lui en demander. Et si elle se perd ? Être seule dans une immense forêt dont elle ignore tout, errant l’âme en peine.

Elle s’endort enfin sur cette pensée…

Le lendemain, pendant son petit déjeuner, elle se met à regarder le journal sur internet. Elle y voit un article qui lui tape à l’oeil.
Un club de marche ! Ça tombe pile poil au bon moment. Elle doit creuser cette idée.

— Creuser ? soupire-t-elle. Encore combien de temps ? Je ne vais pas encore tourner autour du pot pendant une centaine d’année comme à mon habitude.

Finalement, elle se décide puis file dans leur bureau, une fois habillée. Une femme est installée à son bureau où elle l’invite à la rejoindre.

— Que puis-je pour vous ?

— J’organise une randonnée pour une journée et je cherche des compagnons de route.

— Nous pouvons en parler lors de nos réunions. Faites-nous parvenir votre message avec votre photo par mail que voici.

— Merci, je vous envoie cela rapidement.

La dame lui tend un bout de papier. Aussitôt rentrée, elle rédige l’annonce. Elle ne veut surtout pas perdre de temps. Ce sentiment devient de plus en plus pressant.

“Si vous êtes intéressé(e)s par une aventure vers l’inconnu pour la journée, vous pouvez me contacter à cette adresse mail : neala@aventure.com.
Randonnée prévue le premier dimanche de juin.”

Elle envoie le message en début d’après midi à l’adresse que la jeune femme lui avait donné dans la matinée.

Deux jours plus tard, elle reçoit enfin plusieurs réponses positives. Huit en tout, dont une personne avec un enfant. Elle ne pensait pas que cette excursion particulière puisse intéresser du monde.

Depuis qu’elle a rencontré les personnes, elle a hâte de partir. Elle leur a bien précisé qu’ils allaient partir à l’aveugle, qu’elle n’écouterait que son instinct.

Néala est toute excitée. Le jour tant attendu est enfin arrivé. Elle s’apprête, prend son sac à dos et file au point de rendez-vous.

Deux hommes sont déjà arrivés. Ils se saluent. Les retardataires suivent rapidement.

— Quelle direction prenons-nous ? demande Stan, le plus âgé des hommes.

C’est un homme d’une soixantaine d’années qui a une certaine expérience concernant les randonnées ce qui rassure l’organisatrice. D’ailleurs, à leur première rencontre, il l’a conseillé sur la tenue vestimentaire la plus adéquate à adopter. Partir à l’aventure est une passion depuis l’enfance.

— Laissez moi 2 minutes que je me concentre, répond Néala.

Elle s’éloigne du groupe et écoute son cœur. Elle tourne sur elle-même et se connecte à son corps. Lorsqu’elle se trouve face à un chemin qui se dirige vers la forêt, tout son être frémit.

— Suivez-moi, c’est par là ! lance-t-elle.

 

 

Ils entrent dans la forêt, puis suivent une piste et s’enfoncent à l’intérieur. Le chemin est sinueux et plein d’obstacles. Le parcours est difficile émotionnellement avec une intensité plus ou moins forte selon la personne.

Néala s’écoute toujours. Son corps est de plus en plus expressif, sans savoir pourquoi. Des heures de marche et personne ne se plaint. Même la fillette d’une douzaine d’années, Aélora, avance sans se lamenter.

Elle est accompagnée de sa mère, Méline. La petite fille l’a tellement supplié pour y aller qu’elle n’a pas su refuser. Elle a même demandé à sa fille pourquoi elle voulait tant y aller. Elle lui a répondu qu’elle ne savait pas mais qu’elle était attirée et que cela venait du plus profond d’elle-même.

Un des hommes laisse son regard se balader vers les profondeurs de la forêt. Une lumière éblouit vers l’orée du bois.

— Vous avez vu cette lumière là-bas ? demande Danny, surpris.
— C’est possible que ce soit le soleil ! répond Jonas.
— Je n’ai jamais vu ce phénomène, reprend Stan. Pourtant, j’en ai parcouru des trajets dans ma vie.
— Avançons et nous verrons, continue Néala, également étonnée. Nous sommes trop loin.

Ils arrivent à la lisière de la forêt. Leurs visages changent d’un coup. Ce qu’ils voient est extraordinaire surtout à cette saison de l’année. À partir de cette limite, la nature est couverte de neige et de glace, comme si le pôle nord s’était déplacé.

— Avez-vous froid ? lance Néala, estomaquée.
— Non ! répondent-ils en cœur.
— Je n’ai jamais rien vu de tel, répète Stan, déconcerté.
— Je sens que nous sommes très proches, les informe-t-elle. Suivez-moi.

Elle reprend la marche mais cette fois-ci, dans la neige. Chacun de ses pas s’enfonce. A quelques mètres de là, apparaissent de gros rochers sur la gauche.

Le groupe s’arrête au niveau de la roche.

— Nous y sommes, affirme Néala. Je ne comprends pas.
— Je vais voir plus loin ce qu’il y a, décide Timy, le plus jeune des hommes, mais aussi fougueux qu’un jeune poulain.

Il avance droit devant lui. Méline l’observe pendant que les autres scrutent les alentours.

— Timy, hurle-t-elle, terrifiée.

Tout le monde se retourne et voit le pauvre garçon allongé au sol.

Stan et Néala accourent à son secours en imaginant le pire. Soulagés qu’il soit en vie, ils lui demandent ce qu’il s’est passé.

— J’avançais, explique-t-il sonné, puis d’un coup, à ce niveau là, j’ai ressenti une sorte de mur invisible, une impression de lourdeur, tellement pesante que ça m’a totalement vidé. Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qu’il m’arrivait. La puissance a été tel que je me suis écroulé d’un coup.

Stan l’aide à se lever et à rejoindre le groupe. Il l’assoit sur un sac à dos pour qu’il puisse récupérer. Il est beaucoup trop faible pour le laisser seul. Méline et sa fille restent pour veiller sur lui.

Néala est attirée vers une roche. Elle s’en approche puis découvre une entrée. Elle s’avance lentement, pas vraiment rassurée. À sa grande surprise, elle se trouve dans une grotte illuminée. Elle se rend compte que des parties du mur sont entaillées. Ce qu’elle voit est d’une telle beauté qu’elle décide d’aller chercher ses camarades.

Avant tout, elle va prendre des nouvelles de Timy qui se remet lentement.

Une main se pose sur son épaule, ce qui la trouble. Elle se retourne et voit un homme âgé ne faisant pas parti du groupe. Bizarrement, elle n’en a pas peur, comme si elle le connaissait. Ce sentiment est très perturbant.

— Suivez-moi, lui lance Irvin.
— Mais qui êtes vous ? J’ai l’impression de vous connaître !
— Effectivement, venez…

Il se dirige vers la fameuse roche, pendant que Néala reste plantée là à le regarder. Elle se décide enfin à le rejoindre.

Il tend sa main dans une des crevasses et casse un morceau de pierre qu’il lui donne.

— Mettez-le dans votre bouche, exige-t-il.
— Mais…
— Faites-le, lance-t-il en lui coupant la parole.

Elle le pose sur sa langue et à sa grande surprise, le cristal fond doucement.

— Je vous attendais, déclare l’homme.
— Comment cela ?!
— Nous avons été informés de votre venue.
— Mais qui vous a prévenu ?
— Vous le saurez un jour. Vous êtes attendus.
— Mais à quoi sert ce cristal glaçon que j’ai avalé ?
— Jeune fille, vous êtes spéciale et vous allez voyager également vers un lieu spécial. De plus, tous ceux qui vont vous accompagner vont devoir avaler un bout de cette pierre particulière pour vous aider à traverser le mur invisible. Par contre votre ami qui est faible ne peut pas venir.
— Je vais vous attendre ici, lance Timy qui est soutenu par deux jeunes gens du groupe.
— Je ne vous le conseille pas, répond Irvin. Vous risqueriez d’attendre très longtemps. Si l’un d’entre eux revient, vous serez déjà mort depuis longtemps.

Ils se regardent tous avec l’étonnement gravé sur leurs visages.

— Que voulez-vous dire ? demande Néala inquiète.
— Dès que nous aurons passé la fameuse frontière invisible, l’espace temps n’existera plus. Vous ne vieillirez plus. Votre corps restera tel qu’il est actuellement.
— C’est impossible !

Irvin distribue un morceau de ce drôle de glaçon à chacun d’entre eux sauf à Timy. Puis il leur demande de le suivre. Il s’avance tous pour prendre leur sac à dos.

— Vous n’en aurez pas besoin, informe-t-il. Venez !

 


Ils reprennent leur aventure mais avec un guide, sous le regard de Timy. Irvin s’arrête brutalement et se retourne en sa direction.
— Jeune homme, lui lance-t-il, j’ai omis de vous demander une chose.
— Oui !?!
— Surtout pas un mot de tout cela. Vous avez vu l’effet que ça a fait sur vous. Une personne peut énormément souffrir et avoir beaucoup de mal à s’en remettre si elle n’est pas prête.
— Vous avez raison. Ne vous inquiétez pas, je l’emporterai jusque dans ma tombe. Bonne route.
Timy se retourne et prend le chemin opposé à l’instant où ses yeux n’aperçoivent plus ses compagnons de route.

La marche est toujours ardue, cependant ils trouvent tous le courage en eux pour vaincre la fatigue, la souffrance. Néala aperçoit un village au loin.

— Il y a un village, là bas, annonce-t-elle.
— C’est la première étape, déclare Irvin.
— C’est à dire ?
— Vous verrez bien.

A la fin du chemin de terre, une route goudronnée reprend en s’élargissant. Des petites maisons longent de chaque côté. Les villageois vaquent à leurs occupations sans se préoccuper des nouveaux arrivants.

Néala et ses compagnons descendent la pente pour atteindre le centre ville.

— Nous allons faire un arrêt ici, informe Irvin. Je vous présente le village Alpha et nous sommes attendus dans la grande salle. Une chambre nous attend également, nous avons besoin de repos.

Un bon repas les attend, ensuite un bain chaud. Bien fatigués, ils vont tous se coucher. Au réveil, Néala se sent particulièrement bizarre. Elle ne sait pas ce qui lui arrive, mais ça ne la perturbe pas plus que ça.

En arrivant dans la grande salle pour déjeuner, elle s’aperçoit qu’un membre de leur groupe ne se sent pas bien.

— Ethan, tu te sens bien ? l’interroge Néala.

Il se retourne dans la direction de la jeune femme, et ce qu’elle voit l’horrifie. Le visage de l’homme est envahi de pustules. Le pauvre est terrorisé.

— Mais que m’arrive-t-il ?
— Irvin, tu peux venir par ici, il y a un problème avec Ethan !

En le voyant, il comprend aussitôt d’où vient le souci. Mais il n’a pas le temps d’expliquer qu’Ethan se met à se gratter. Les pustules éclatent. Il se met à courir à l’extérieur puis essaie de grimper la côte pour retourner d’où il vient. Mais rien à faire. Il ne peut plus quitter le village. Affolé, il tourne sur lui même. Un homme le stoppe en l’attrapant par le bras pour le calmer, puis le tient par la main et lui fait grimper une bute de terre pour rejoindre une maison en hauteur. Enfin, la tension ressentie dans son corps s’apaise.

Néala et les autres sont encore sous le choc occasionné par la scène qui vient de se dérouler sous leurs yeux. Ils regardent Irvin avec un regard interrogateur.

— Chaque être que vous voyez ici s’adapte à sa nouvelle énergie. Il ne pourra avancer sur le chemin que lorsqu’il le supportera, qu’il l’aura apprivoisé. En attendant, il vaquera à ses occupations et profitera d’assimiler ce qu’il a appris jusque là.
— Mais pourquoi Ethan et pas l’un d’entre nous ?
— Ethan n’est pas encore prêt à aller plus loin, il a encore du travail à faire sur lui pour augmenter son taux vibratoire. Ne vous inquiétez pas pour lui, il est entre de bonnes mains.
— Irvin, je me sens bizarre depuis mon réveil, crois-tu qu’il va m’arriver la même chose ?
— Non, toi c’est autre chose, tu vas bientôt t’en rendre compte. Allez déjeuner, nous repartons juste après.

Avant le départ, ils remercient leurs hôtes pour leur hospitalité et pour les vêtements donnés.

Sur le trajet, un événement inattendu surprend.

— Que m’arrive-t-il ? s’informe Néala, interloquée.

Elle attrape une touffe de cheveux et regarde la pointe se transformer et prendre une merveilleuse teinte argenté. Elle balaie son regard sur les autres personnes et observe la même chose sur la petite fille.

— Aélora, tes cheveux deviennent blancs ! reprend la jeune femme, sidérée.
— Ne vous inquiétez pas, c’est tout à fait normal, intervient Irvin en les voyant un tantinet paniqués.
— Mais pourquoi il n’y a que nous deux ? Normal ! Peut-être pour toi mais pas pour nous.
— Vous faites partie du peuple Oméga et vous retournez chez vous.
— Comment ça ?
— Il y a très longtemps vous avez fait le choix de retourner dans l’autre monde, pour vivre dans la matière, dans l’espace-temps. Vous y avez vécu avec votre ancien corps jusqu’à ce que vous le quittiez. Puis vous êtes revenus dans plusieurs corps différents. Et aujourd’hui, votre âme estime que vous avez assez expérimenté dans les basses énergies. Vous êtes donc appelés à revenir à la source.
— Mais je ne me rappelle de rien ! lance Néala, perturbée.
— Moi non plus ! enchérit Aélora.
— Ne vous inquiétez pas, tout reviendra au bon moment.

Sur le chemin, se trouvent des êtres dispersés sur les côtés. Certains sont assis, d’autres avancent péniblement, ou encore sont accompagnés par des personnes vêtues d’une tunique blanche. Néala aperçoit une femme très affaiblie. Elle va pour l’aider, cependant Irvin l’en empêche.

— Non, il ne faut surtout pas l’aider, intervient-il.
— Mais nous ne pouvons pas la laisser comme ça, répond Néala, choquée devant la scène.
— Toutes ces personnes, que nous avons croisées, sont toujours accompagnées même si tu ne les vois pas. Elles doivent vivre seules leurs expériences.

Certains individus ont besoin d’aller dans le gouffre pour remonter et avancer vers qui ils sont réellement. Malheureusement, ils ont besoin d’énormément d’énergie et de trouver la force nécessaire en eux pour continuer. Mais leurs guides ne sont jamais très loin.
— Et si un d’entre eux n’a plus de force, il se passe quoi ?
— Il peut nous quitter d’épuisement.

Néala a l’impression que tout est nouveau, qu’elle découvre au fur et à mesure, mais ce n’est qu’un voile.

Yann commence à avoir du mal à avancer. Il s’épuise rapidement.

— Que t’arrive-t-il ? s’inquiète Néala.
— Je ne sais pas mais plus j’avance plus je me sens lourd.
— Nous allons devoir nous séparer. Il doit se libérer de ces bagages avant de pouvoir continuer. Et il doit le faire seul.

Ses camarades de route lui disent au revoir, en l’encourageant à ne pas baisser les bras. Le cœur triste, ils reprennent la route.

La prochaine étape s’approche doucement. Les cheveux de Néala et d’Aélora ont totalement changé de couleur.

— Pourquoi mes cheveux sont de couleur argentée alors que ceux d’Aélora sont blancs ? s’informe Néala.
— Vous êtes à un niveau différent, ce qui ne veut pas dire que tu es supérieure à qui que ce soit, simplement que tu es sur la voie de la réalisation intérieure, que tu es la perfection en devenir.
— Et pour la petite ?
— Elle est la pureté. Elle a trouvé l’équilibre et elle retourne vers l’unité.

A quelques mètres avant l’arrêt, c’est au tour d’Adrien de faire une halte. Le pauvre est épuisé. Stan l’a tenu jusque là. Mais ces jambes n’arrivent plus à le porter. Il l’aide à s’asseoir sur le côté. Un être lumineux apparaît près de lui. Il les salut tous.

— Heureux de te revoir Néala, dit-il avec un large sourire. Tu es magnifique.
— Nous nous connaissons ? lance-t-elle, étonnée.
— Oui, nous avons été très proches fut un temps. Il est temps que vous repreniez votre marche. Nous nous reverrons bientôt ma chère.

Ils arrivent enfin à l’entrée du nouveau village. Les gens qui se trouvent là, se mettent à genoux et les saluent.

— Pourquoi ils font ça ? demande Stan, étonné.
— C’est un salut de reconnaissance, répond Irvin.
— Donc, c’est toi qu’il salut ! poursuit Néala, en souriant.
— Non, pas du tout. Ils font ce geste à ton honneur.
— Euhhhh ! Je ne veux pas, je n’ai rien fait ! lance-t-elle, gênée. Comme tu as expliqué, je ne suis pas au dessus d’eux.
— C’est exact, mais par contre ta lumière est puissante. Ils ressentent également ta très haute énergie. Elle est palpable. Tu es la lumière qui attire les papillons de nuit.

Des êtres les accueillent afin de les nourrir, leur donner des changes et un endroit pour se reposer.

— Méline, l’interpelle Irvin, profite bien de ta fille. C’est ici que votre chemin se sépare.
— Quoi ! s’affole-t-elle.
— Mais vous ne pouvez pas séparer cette fillette de sa mère ! proteste Néala.
— Elles se retrouveront, mais pour cela Méline doit accepter d’avancer, de se libérer du poids qu’elle porte, explique Irvin. Elle a un choix à faire. Et n’oubliez pas que vous vous trouvez dans un autre monde.

A l’aube, les six membres restants se retrouvent pour le petit déjeuner. Méline et Jonas sentent, tous deux, une lourdeur, de la fatigue, mais également de la douleur. Ils comprennent aussitôt qu’ils ne vont pas pouvoir continuer, même si le voeux le plus cher de Méline est de ne pas être séparée de sa fille, mais intérieurement elle sait qu’elle s’en voudrait si elle l’empêchait d’avancer.

Méline sert l’enfant très fort, et lui promet qu’elle la retrouvera, qu’elle ne baissera pas les bras.

Pour Danny, ça ne va pas être simple. Une oppression commence à se faire ressentir. Son plexus solaire, sous la poitrine, devient de plus en plus oppressé. Ça le rend très anxieux. Plus il se déplace, plus il a une sensation d’étouffement. Jusqu’ici, la paix était toujours présente en lui. Même si par moment, il ressentait de la fatigue, mais sans plus. Tandis qu’aujourd’hui, il se rend compte que c’est différent. Le malaise est palpable.

— Je ne vais pas pouvoir aller plus loin, je n’en peux plus, annonce Danny. J’ai trop mal.

Ces amis l’étreignent, lui souhaitent bonne chance, puis reprennent la marche.

— Stan, tes cheveux, lance Néala, étonnée.
— Ils ont quoi mes cheveux !
— Ils changent de couleur, mais c’est léger.
— De quelle couleur ?
— Blanc mais seulement aux racines.

Ils entrent enfin dans le village suivant. Néala, Aélora et Stan sont étonnés de ce qu’ils voient dans cette cité. Tous ont une marque particulière soit sur les cheveux, soit sur le visage. Mais Néala n’a pas encore tout vu.

Plusieurs personnes arrivent et l’entourent avec une joie immense. Puis, un passage se fait pour laisser passer une femme lumineuse, ses cheveux également argentés mais avec des mèches dorées.

— Je suis très heureuse que tu sois de retour, dit-elle, en arborant un large sourire. Bienvenue chez toi, ma chérie.
— Je suis sensée vous connaître ? l’interroge Néala.
— Oui tout à fait. Mais ne t’inquiète pas, tes souvenirs vont te revenir.
— Qui êtes-vous ?
— Ta mère, ton guide, toi, eux…
— Je ne vous suis pas !
— En réalité, dans le monde de l’espace-temps, j’ai été ta mère. Nous avons évolué ensemble, puis tu es partie pour vivre d’autres expériences. Je suis également ton guide, je t’ai suivi à chacune de tes incarnations. Très bonne élève, d’ailleurs, affirme-t-elle en lançant un clin d’oeil.

Néala reste figée en regardant Perline s’éloigner. Cette dernière ressent que sa protégée et la petite fille ne la suivent pas. Elle s’arrête et les interpelle sans se retourner.

— Stan, votre route s’arrête ici, mon cher. Un nouvel enseignement vous attend avec de magnifiques surprises. Néala et Aélora, suivez-moi.

Elles lui emboîtent le pas sans émettre un mot.

 

 

Au fur et à mesure qu’elles avancent, les filles sont émerveillées par ce qu’elles voient. Le cristal fait son apparition. Au début, il se mélange mélodieusement avec les matériaux humains. Puis ensuite, les yeux de Néala se posent sur un bâtiment étonnant, une pyramide en cristal.

Perline s’immobilise et se tourne vers la petite Aélora.

— Ma puce, tu es attendue ici, déclare-t-elle. Avant de pouvoir aller plus loin, tu as encore des enseignements à recevoir.

Néala embrasse la petite fille en la rassurant puis rejoint son guide.

Elles s’approchent de la pyramide. Une beauté… La revenante sent une sérénité importante tout autour du monument. Plus elle s’en approche, plus l’énergie est intense.

Arrivées face à la porte, celle-ci s’ouvre seule. Néala pénètre enfin. Une merveille… Un jardin zen japonais prend tout l’espace : ponts, chute d’eau, petit ruisseau, chemin avec des petits cailloux blancs… Perline l’accompagne au centre de la pyramide où sont installés un homme et deux femmes sur des coussins de tailles et de couleurs différentes. Du rose, bleu, vert, jaune… Couleurs représentants tous les chakras.

La jeune fille s’installe face aux êtres. Elle ferme les yeux.

— J’ai une drôle de sensation, lance-t-elle. J’ai l’impression d’être déjà venue, de connaître cet endroit.
— Effectivement, ma chérie, répond Perline, tu étais ici-même lorsque tu as pris la décision de suivre un autre chemin pour expérimenter l’espace temps.
— Et Aélora ?
— Tu as pris le chemin inverse de maintenant. Et dans chaque lieu, tu as expliqué à quoi consister ta nouvelle aventure. Seule Aélora a souhaité te suivre.

Néala, les yeux toujours closes, écoute le chant de la cascade non loin d’elle. Les êtres lui laissent du temps. Ils savent pertinemment qu’elle en a besoin. Le temps n’est plus un soucis pour eux.

Puis ils ressentent qu’elle est apaisée.

— Néala, l’interpelle l’homme, nous avons une question à te poser.
— Oui ! Je vous écoute.
— Cette question nous te l’avons déjà posée, nous attendons ta nouvelle réponse.
— Laquelle ?
— Veux-tu devenir un guide ?
— Oui ! Aujourd’hui je suis prête à avancer.

Noéla sent une transformation s’opérer en elle. Comme la première fois, ce sont ses cheveux qui ont changé, elle attrape une mèche. Cette fois-ci, des mèches d’or font leur apparition. Ces vêtements sont également remplacés par une tunique longue blanche.

— Chère sœur, conclut l’homme, bienvenue parmi nous.

Elle les remercie.

— Comment vais-je savoir qui je dois aider ? les interroge-t-elle.
— Tu le sauras ! répond Perline.
— Et comment vais-je le trouver ?
— Pareil, tu le sauras, écoute-toi tout simplement.
— Et pour me rendre près de cette personne ?
— L’intention, ma chérie, tout vient de là et avec amour.

Néala ferme les yeux et se met à méditer avec ses quatre amis. Elle sent une force en elle qui l’appelle. Elle y met son intention et se retrouve près d’Aélora. La petite fille est surprise.

— Je suis ta nouvelle guide, lance la jeune femme avec un sourire.

La fillette lui saute dans les bras, heureuse de la retrouver.

Néala sait et ne se pose plus aucunes questions. Elle se laisse porter par la Vie et la Foi.

 

 

Sandrine Leboeuf
4 mai 2016
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Le Chemin

 

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